Plusieurs grands royaumes jalonnent l’histoire du continent noir. D’Est en Ouest, de l’Afrique centrale à l’Afrique australe, ont émergé nombre de royaumes et empires, règnant sur des territoites aussi vastes que l’Océanie : le Songhaï, le Wassoulou, Ashanti, Mossi, Mandingue, Bénin, Kongo, Zulu, Monomotapa, Zimbabwe. Parfois contemporains, ils se sont cotoyés, alliés, guerroyés, conquis, où succédés. Ainsi les Royaumes d’Oyo et du Dahomey se sont-ils longtemps fait la guerre entre le 16ième et le 19ième siècle . Ainsi l’empire du Mali sera supplanté par celui du Songhaï au 16ième siècle. l’un des souverains de l’empire du Mali, dont l’existence a pu se vérifier entre le 13ième et le 16ième siècle, a particulièrement brillé en la personne de Kankan Moussa, qui effectua, avec magnificence, un pèlerinage à La Mecque (1324-1325). La renommée du faste de la cour de ce souverain atteignit l’Europe occidentale. Aux frontières de l’Empire Songhaï (dans la partie ouest de l’actuel Tchad) se développent les royaumes de Baguirmi, de Ouaddaï et de Kanem-Bornou, dont l’apogée se situe à l’époque du règne du sultan Idriss III Aloma (1580-1617). D’après les recherches les plus récentes, le Ghana, le Mali et le Congo ont été le berceau des plus anciens royaumes contemporains du Moyen-âge européen.
Pour rappel, Les images qui composent cette galerie sont l’œuvres de voyageurs, d’explorateurs, de naturalistes et de géographes, tous Européens. A ce titre, leurs représentations doivent toujours être regardées avec un œil critique, car s’y mêlent très souvent fantasmes, préjugés, ignorance et surtout peur de l’autre.Toutefois, certaines gravures sont le reflet à peu près fidèle d’une Afrique aux mœurs et visages séculaires. Elles traduisent l’admiration de leurs auteurs pour ce continent inconnu et si décrié, à travers le souci du détail et des descriptions aussi riches qu’enthousiastes. Même si les gravures et estampes réalisées par les explorateurs européens ne sont pas exemptes d’imprécisions, de préjugés, ou tout simplement d’ignorance dans leurs interprétations, elles semblent coller un peu plus à la réalité de ce que furent l’apparence, le quotidien, les cultures et les sociétés des peuples africains du 17ième, du 18ième et du 19ième siècle.
Ces documents iconographiques, conservés pour la plupart dans des collections privées, des musées et des bibliothèques américaines, ne sont pas le fruit du hasard ou de la seule curiosité esthétique. Elles ont toujours été créées dans un but bien précis. Celui de l’exploration et de la connaissance d’un territoire avant sa conquête par la force. Celui de la création de réseaux, d’alliances qui feront de l’Afrique un vivier inépuisable d’être humains destinés à l’esclavage sur les terres du Nouveau Monde. Celui de la propagande et du prosélytisme religieux des missionnaires chargés de christianiser l’Afrique. Ces "cartes postales " et ces descriptions étaient avant tout destinées à des spectateurs Européens. Les explorateurs, les négriers, les missionnaires devaient montrer aux Européens, citoyens lambda et gouvernants, que les Africains étaient des être dociles, obéissants, qui acceptaient la présence et la domination des Blancs, qui reconnaissaient leur supériorité. Et même dans le cas contraire ou les Africains étaient représentés comme des sauvages cannibales et primitifs, cela justifiait la mission civilisatrice des Européens. De plus ces images de l’Afrique rassuraient les Métropoles Européennes sur l’armement, les avancées techniques et le caractère inoffensifs de la plupart des Africains. Les Européens étaient souvent reçus en amis par les souverains africains, et c’était pour eux le meilleur moyen d’évaluer les forces ou les faiblesses de leurs hôtes.
Ce que ces images montrent, c’est l’emprise toujours plus grande de l’Occident sur une Afrique qui vit ses dernières heures de liberté, car elle est déjà prise sans le savoir dans l’engrenage de la colonisation et de l’aliénation occidentale. Ces images marquent donc le début de ce processus et illustrent les vestiges d’une Afrique vivante et immémoriale, encore maîtresse de son destin.
Voir les autres Galeries :
Chap. 1 Des sociétés et des hommes. Arts, rites et scènes de la vie africaine
Chap. 2 L’art militaire. Guerriers et armées africaines
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